Au fond d'un sérail inutile Que fait parmi ses icoglans Le vieux successeur imbécile Des Bajazets et des Orcans ?
Que devient cette Grèce altière, Autrefois savante et guerrière, Et si languissante aujourd'hui ; Rampante aux genoux d'un Tartare,
Plus amollie, et plus barbare, Et plus méprisable que lui ? Tels n'étaient point ces Héraclides, Suivants de Minerve et de Mars,
Des Persans vainqueurs intrépides, Et favoris de tous les arts ; Eux qui, dans la paix, dans la guerre, Furent l'exemple de la terre
Et les émules de leurs dieux, Lorsque Jupiter et Neptune Leur asservirent la fortune, Et combattirent avec eux.
Mais quand sous les deux Théodoses Tous ces héros dégénérés Ne virent plus d'apothéoses Que de vils pédants tonsurés,
Un délire théologique Arma leur esprit frénétique D'anathèmes et d'arguments ; Et la postérité d'Achille,
Sous la règle de saint Basile, Fut l'esclave des Ottomans. Voici le vrai temps des croisades. Français, Bretons, Italiens,
C'est trop supporter les bravades Des cruels vainqueurs des chrétiens. Un ridicule fanatisme Fit succomber votre héroïsme
Sous ces tyrans victorieux. Écoutez Pallas qui vous crie « Vengez-moi ! vengez ma patrie ! Vous irez après aux saints lieux.
« Je veux ressusciter Athènes. Qu'Homère chante vos combats, Que la voix de cent Démosthènes Ranime vos cœurs et vos bras.
Sortez, renaissez, Arts aimables, De ces ruines déplorables Qui vous cachaient sous leurs débris ; Reprenez votre éclat antique,
Tandis que l'opéra-comique Fait les triomphes de Paris. « Que des badauds la populace S'étouffe à des processions,
Que des imposteurs à besace Président aux convulsions, Je rirai de cette manie ; Mais je veux que dans Olympie
Phidias, Pigalle, ou Vulcain, Fassent admirer à la terre Les noirs sourcils du dieu mon père, Et mettent la foudre en sa main.
« C'est par moi que l'on peut connaître Le monde antique et le nouveau ; Je suis la fille du grand Être, Et je naquis de son cerveau.
C'est moi qui conduis Catherine Quand cette étonnante héroïne, Foulant à ses pieds le turban, Réunit Thémis et Bellone,
Et rit avec moi, sur son trône, De la Bible, et de l'Alcoran. « Je dictai l'Encyclopédie, Cet ouvrage qui n'est pas court,
A d'Alembert, que j'étudie, A mon Diderot, à Jaucourt ; J'ordonne encore au vieux Voltaire De percer de sa main légère
Les serpents du sacré vallon ; Et, puisqu'il m'aime et qu'il me venge, Il peut écraser dans la fange Le lourd Nonotte et l'abbé Guion. »
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