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1706

ÉPÎTRE XXII

François-Marie AROUET

Quand du sommet des Pyrénées, S'élançant au milieu des airs, La renommée à l'univers Annonça ces deux hyménées

Par qui la discorde est aux fers, Et qui changent les destinées, L'âme de Richelieu descendit à sa voix Du haut de l'empyrée au sein de sa patrie.

Ce redoutable génie Qui faisait trembler les rois, Celui qui donnait des lois À l'Europe assujettie,

A vu le sage Dubois, Et pour la première fois A connu la jalousie. Poursuis : De Richelieu mérite encor l'envie.

Par des chemins écartés, Ta sublime intelligence, A pas toujours concertés, Conduit le sort de la France ;

La fortune et la prudence Sont sans cesse à tes côtés. Alberon pour un temps nous éblouit la vue ; De ses vastes projets l'orgueilleuse étendue

Occupait l'univers saisi d'étonnement : Ton génie et le sien disputaient la victoire. Mais tu parus, et sa gloire S'éclipsa dans un moment.

Telle, aux bords du firmament, Dans sa course irrégulière, Une comète affreuse éclate de lumière ; Ses feux portent la crainte au terrestre séjour :

Dans la nuit ils éblouissent, Et soudain s'évanouissent Aux premiers rayons du jour.

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