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1706

ÉPÎTRE XLIV

François-Marie AROUET

Hélas ! Que je me sens confondre Par tes vers et par tes talents ! Pourrais-je encore à quarante ans Les mériter, et leur répondre ?

Le temps, la triste adversité Détend les cordes de ma lyre. Les jeux, les amours, m'ont quitté ; C'est à toi qu'ils viennent sourire,

C'est toi qu'ils veulent inspirer, Toi qui sais, dans ta double ivresse, Chanter, adorer ta maîtresse, En jouir, et la célébrer.

Adieu ; quand mon bonheur s'envole, Quand je n'ai plus que des désirs, Ta félicité me console De la perte de mes plaisirs.

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