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1913

[no title]

Guillaume APOLLINAIRE

J'ai jeté dans le noble feu Que je transporte et que j'adore De vives mains et même feu Ce Passé ces têtes de morts

Flamme je fais ce que tu veux Le galop soudain des étoiles N'étant que ce qui deviendra Se même au hennissement mâle

Des centaures dans leurs haras Et des grand'plaintes végétales Où sont ces têtes que j'avais Où est le Dieu de ma jeunesse

L'amour est devenu mauvais Qu'au brasier les flammes renaissent Mon âme au soleil se dévêt Dans la plaine ont poussé des flammes

Nos cœurs pendent aux citronniers Les têtes coupées qui m'acclament Et les astres qui ont saigné Ne sont que des têtes de femmes

Le fleuve épinglé sur la ville T'y fixe comme un vêtement Partant à l'amphion docile Tu subis tous les tons charmants

Qui rendent les pierres agiles

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