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1913

[no title]

Guillaume APOLLINAIRE

Le printemps laisse errer les fiancés parjuresLe printemps laisse errer les fiancés parjures Et laisse feuilloler longtemps les plumes bleuesEt laisse feuilloler longtemps les plumes bleues Que secoue le cyprès où niche l'oiseau bleuQue secoue le cyprès où niche l'oiseau bleu Une Madone à l'aube a pris les églantines

Elle viendra demain cueillir les giroflées Pour mettre aux nids des colombes qu'elle destine Au pigeon qui ce soir semblait le Paraclet Au petit bois de citronniers s'énamourèrent

D'amour que nous aimons les dernières venues Les villages lointains sont comme les paupières Et parmi les citrons leurs cœurs sont suspendus

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