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1913

Marie

Guillaume APOLLINAIRE

Vous y dansiez petite filleVous y dansiez petite fille Y danserez-vous mère-grandY danserez-vous mère-grand C'est la maclotte qui sautilleC'est la maclotte qui sautille Toutes les cloches sonnerontToutes les cloches sonneront

Quand donc reviendrez-vous MarieQuand donc reviendrez-vous Marie Les masques sont silencieux Et la musique est si lointaine Qu'elle semble venir des cieux

Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine Et mon mal est délicieux Les brebis s'en vont dans la neige Flocons de laine et ceux d'argent

Des soldats passent et que n'ai-je Un cœur à moi ce cœur changeant Changeant et puis encor que sais-je Sais-je où s'en iront tes cheveux

Crépus comme mer qui moutonne Sais-je où s'en iront tes cheveux Et tes mains feuilles de l'automne Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine Un livre ancien sous le bras Le fleuve est pareil à ma peine Il s'écoule et ne tarit pas

Quand donc finira la semaine

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Marie · Guillaume APOLLINAIRE · Poetry Cove