II.
Ainsi, dans le chemin où l'art sacré vous mène,
Peintre aux belles couleurs! l'ouragan se démène
A vous courber le front.
Mais vous marchez toujours avec plus de courage;
Vous allez, vous riant du souffle de l'orage,
D'un pied toujours plus prompt.
On a beau vous dresser des embûches dans l'ombre,
Le jour a beau s'enfuir de votre ciel plus sombre,
Vous ne trébuchez pas.
Vous allez franchissant et piége et stratagème;
Car vous portez, ami, le flambeau dans vous-même
Dont s'éclairent vos pas,
Et vous savez le but où votre ardeur aspire.
Une Muse d'en haut vous guide, et vous inspire
Tous vos songes dorés.
Et la gloire est an bout de votre route austère.
C'est votre Temboctou lointaine et solitaire.
Et vous la trouverez!
Novembre 1833.