IV.
Tel nos pères l'ont vu s'élever et descendre.
Loin du monde les rois ont exilé sa cendre;
Et, pour qu'il ne revienne, un jour, de son écueil
De nouveau conquérir la terre,
Ils ont donné, brisant son trône militaire,
L'Océan tout entier pour garde à son cercueil.
La mer fait sentinelle autour de Sainte-Hélène.
Du bruit de ses exploits l'Europe était trop pleine;
Et tous ces nains qu'hier foulait son pied fatal,
Thersites qu'abritait l'ombre de sa bannière,
Insultent le tombeau d'Achille; pierre à pierre
Ils voudraient démolir l'homme monumental.
Ils ont beau fatiguer sur lui leur main débile;
L'Europe gardera sa trace indélébile.
Dans l'histoire à jamais règne son souvenir.
De sa gloire pyramidale
Les siècles ne pourront remuer une dalle.
Son nom est un défi qu'il laisse à l'avenir. -