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1867

VISITE À L’ARSENAL DE TOULON

Jean AICARD

La forge retentit de longs fracas d’enclume ; Tout hurle, tout gémit, et, dans l’antre infernal, Sous le soufflet robuste un noir brasier qui fume Est le naissant foyer du splendide idéal.

La machine à vapeur, rauque, siffle et s’allume ; L’ouvrier sans repos veille dans l’arsenal… Hors d’ici ! vain poëte, ou jette au loin ta plume ; La Science, sans toi, doit triompher du Mal !

« Non ! j’ai ma mission, car j’ai mon Évangile ! Si vous êtes l’airain, je ne suis pas l’argile ; Je me sens frère aussi des puissants inventeurs ! « Eux seuls ils sont vraiment les citoyens du monde,

Mais vous laissez leurs noms dans une ombre profonde, Et moi je les ferai briller dans tous les cœurs ! »

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