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1867

SOLUS ERIS

Jean AICARD

Tout est fini : la nuit surgit, le malheur règne. Le toit s’est écroulé sur l’hôte confiant, Et près du moribond immobile et qui saigne On passe, le regard distrait ou souriant.

Ainsi ceux qui l’ont vu jadis en sa jeunesse Donner son temps à tous, et son âme et sa main, Ceux qui l’ont vu livrer son cœur, seule richesse, Aux pauvres en amour qu’il trouvait en chemin ;

Ainsi ceux qui l’ont vu, prodigue de lui-même, Naïf et généreux répandre ce trésor, N’iront pas aujourd’hui lui dire : « Je vous aime, » Et lui rendre ce qui leur reste de son or !

Soit. — Moi, je vais à lui. Par son nom je le nomme ; Tranquille, j’accomplis un devoir : me voici ! Et vous, vous qui fuyez la douleur de cet homme, Puissiez-vous, ô méchants, me laisser seul aussi !

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