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1867

LE PARFUM DES PERVENCHES

Jean AICARD

Bonne Vierge, écoutez ma voix, je vous en prie ! Hier, parmi les bouquets vivants de la prairie, Je cueillis, en tressant ma guirlande, une fleur Dont le calice bleu n’exhalait nulle odeur.

« La pervenche, pour nous, dit ma mère chérie, Est toujours sans parfums célestes, car Marie Par les anges en fait dérober la senteur, Et leurs tremblantes mains la portent à son cœur.

« Mais quand l’hiver flétrit les plantes qui frissonnent, Pour embaumer les cieux les chérubins moissonnent Les âmes des petits innocents comme toi. » Vierge, ayant écouté, tout joyeux, ces paroles,

J’ai des fleurs du jardin ravagé les corolles, Pour que tes messagers n’y trouvent plus que moi !

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