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1867

AQUARELLE

Jean AICARD

L’ombre est lumineuse : à travers les branches Le bon Dieu sourit et le ciel descend ; Le vent du matin cueille les fleurs blanches ; La nature parle et l’âme comprend !

Tout semble pensif : la terre travaille ; Le bourgeon gonflé boit les feux du jour, Et le lierre tresse un pan de muraille Où va, gracieux, se nicher l’amour !

L’insecte s’éveille au sein de la rose, Dont l’air embaumé fait un doux berceau ; Le divin secret sort de toute chose ; La chanson du nid vole avec l’oiseau ;

Et le ruisseau bleu joint à ce mystère Le bruit éternel et mystérieux, Le bruit du baiser qu’il donne à la terre, Qu’il jette aux amants, qu’il envoie aux cieux !

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