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1867

À VICTOR HUGO

Jean AICARD

Je ne vous connais pas, ô bien-aimé poëte ; Je n’ai pu contempler la fière et noble tête Où les rayons brûlants et doux du divin feu Font germer sans effort la semence de Dieu.

Je ne vous connais pas ! cependant j’imagine Si bien votre grand front qu’un éclair illumine ; En votre œuvre, poëte, on peut voir si souvent Votre visage auguste, éclatant et vivant,

Que si, par un beau jour, perdu dans une foule, Car nous ne savons pas où le hasard nous roule, Par un jour envié vous passiez devant moi, J’irais droit jusqu’à vous pour vous dire : « C’est toi ! »

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