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1867

À NOTRE CRI-CRI MORT

Jean AICARD

Vraie image du vrai poëte, Tous les soirs, mon petit grillon, Tu nous chantais ta chansonnette Parmi les fleurs de ce balcon.

Tu voulais, pour parler, cette heure Où l’homme se tait, où Dieu luit, Car toute voix douce est meilleure Quand on l’écoute dans la nuit.

J’emprisonnais ta fantaisie Dans une cage, loin des champs ; Il te restait la Poésie : Ton bonheur était dans tes chants.

Mais un jour on brisa tes ailes, Tes ailes où vibrait ta voix Et pétillaient en étincelles Tes vives gaîtés d’autrefois !…

Quand il n’a plus de tâche à faire, Le poëte, vaincu du sort, Pour l’infini quitte la terre !… Pauvre Cri-cri ! te voilà mort !

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