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1880

LA STATUE DE GOETHE, A FRANCFORT

Marie AGOULT

C'était par un long soir de la saison puissante Qui prodigue à la terre et le fruit et la fleur, Emplit de gerbes d'or le char du moissonneur Et gonfle aux ceps ployés la grappe jaunissante.

Les derniers feux du jour et leur calme splendeur, Au loin, du mont Taunus doraient la cime ardente. Le bel astre d'amour qui brille au ciel de Dante Montait sur la cité de l'antique empereur.

Sur le haut piédestal où ta gloire s'élève, D'un regard de Vénus, doucement, comme en rêve, 0 Goethe ! s'éclairait ton grand front souverain, Tandis que de silence et d'ombre revêtue,

Craintive, je baisais au pied de ta statue Le pli rigide et froid de ton manteau d'airain.

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