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1862

Un autre Cœur

Louise-Victorine ACKERMANN

Serait-ce un autre cœur que la Nature donne À ceux qu'elle préfère et destine à vieillir, Un cœur calme et glacé que toute ivresse étonne, Qui ne saurait aimer et ne veut pas souffrir ?

Ah ! qu'il ressemble peu, dans son repos tranquille, À ce cœur d'autrefois qui s'agitait si fort ! Cœur enivré d'amour, impatient, mobile, Au-devant des douleurs courant avec transport.

Il ne reste plus rien de cet ancien nous-mêmes ; Sans pitié ni remords le Temps nous l'a soustrait. L'astre des jours éteints, cachant ses rayons blêmes, Dans l'ombre qui l'attend se plonge et disparaît.

À l'horizon changeant montent d'autres étoiles. Cependant, cher Passé, quelquefois un instant La main du Souvenir écarte tes longs voiles, Et nous pleurons encore en te reconnaissant.

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Un autre Cœur · Louise-Victorine ACKERMANN · Poetry Cove