Skip to content
1862

Renoncement

Louise-Victorine ACKERMANN

Depuis que sous les cieux un doux rayon colore Ma jeunesse en sa fleur, ouverte aux feux du jour, Si mon cœur a rêvé, si mon cœur rêve encore Le choix irrévocable et l’éternel amour,

C’est qu’aux jours périlleux, toujours prudent et sage, Au plus digne entre tous réservant son trésor, Quand un charme pourrait l’arrêter au passage, Il s’éloigne craintif et se dit : « Pas encor ! »

Pas encore ! et j’attends, car en un choix si tendre Se tromper est amer et cause bien des pleurs. Ah ! si mon âme allait, trop facile à s’éprendre, À l’entour d’un mensonge épanouir ses fleurs !

Non, non ! Restons plutôt dans notre indifférence. Sacrifice… en bien, soit ! tu seras consommé. Après tout, si l’amour n’est qu’erreur et souffrance, Un cœur peut être fier de n’avoir point aimé.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Renoncement · Louise-Victorine ACKERMANN · Poetry Cove